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[One Shot #11]Nous avons tellement de façons complexes d'aimer et un seul mot simple pour l'exprimer./!\ Yaoï /!\

[One Shot #11]Nous avons tellement de façons complexes d’aimer et un seul mot simple pour l’exprimer./!\ Yaoï /!\
L'air glacial caresse violemment mon visage inondé de larmes. La nuit paraît tellement noire ce soir. Je sens une fine goutte d'eau tomber sur mon visage déjà humide. Je marche lentement en direction de cet endroit. Notre endroit. Un lieu rempli de souvenirs d'enfance. Un lieu sacré pour nous, qui aurait pu être complété par des souvenirs d'adulte. Mais le destin en a décidé autrement.

Flash Back

- Ouf ! On a eu chaud ! constata mon frère en reprenant sa respiration.
- Tu l'as dit. Je suis sûr que cette vieille nous aurait encore couru après si on ne s'était pas cachés ici.
- En même temps, on lui a volé deux bonbons Bill.
- Et alors ? Maman avait qu'à nous donner des sous
, fis-je remarquer.
- Oui c'est vrai t'as raison. C'est à cause de maman.

On éclata de rire après s'être remis de notre délit de fuite envers la boulangère du quartier. Après quelques minutes, je regardai autour de moi, ainsi que par la fenêtre du bâtiment dans lequel nous étions, et adressai la parole à mon frère jumeau.

- On n'est jamais partis aussi loin de la maison Tom.
- Oui je sais. Mais on n'avait pas le choix en même temps. On était obligés de se cacher dans cet immeuble. D'ailleurs y'a quoi dedans ?
- Ben sûrement des gens qui y habitent. Mais regarde tous les escaliers qu'il y a. Ca a l'air haut.
- Ouais c'est vrai ! Y'a au moins cinquante étages je suis sûr !
- N'importe quoi ! Viens on va tout en haut Tomi !!!
- Pfff... non...
- Allez viens !


Sous ses protestations, je forçai tout de même Tom à bouger afin de monter les nombreux escaliers qui menaient au sommet de ce grand immeuble de treize étages exactement.

- J'en ai marre, se plaignit mon frère.
- Un peu de courage Tom. C'est bon on est arrivés.
- Mais c'est nul y'a rien !
- Si ! Regarde la grande porte là. Viens on va l'ouvrir.


Je m'éxécutai et sorti, prenant la main de Tom dans la mienne. Nous nous retrouvâmes donc à l'extérieur, sur le grand toit de l'immeuble. Sur la gauche, la vue donnait sur notre grande ville. Je m'approchai du bord en faisant attention. C'était beau. Surtout en fin de soirée lorsque quelques lumières scintillaient déjà à travers les nombreuses fenêtres. Puis je détournai la tête de l'autre côté de l'immeuble. Nous nous avançâmes prudemment avec mon frère et nous découvrîmes un paysage magnifique, en contradiction totale avec celui de l'autre côté. Le ciel était légèrement rougi par le coucher du soleil qui disparaissait à vue d'½il. L'eau du lac était d'une clarté étonnante et la verdure d'une couleur très chaleureuse. Ce paysage, malgré la fraîcheur de l'air, me donnait envie de rester toute la nuit sous les étoiles à admirer la beauté de ce monde.

- Regarde Tom comme c'est magnifique !
- Oui c'est vraiment trop beau. Tu ne veux pas qu'on reste un peu là ?
- Si ! Tu vois que c'est bien ici, toi qui n'arrêtais pas de te plaindre tout à l'heure.
- Oh ça va hein. Je ne savais pas que c'était comme ça moi. On n'avait jamais remarqué ce lac à l'autre bout de la ville.
- Oui c'est vrai. Mais on est loin de la maison là aussi.
- Maman va nous engueuler Bill ! T'as vu l'heure qu'il est ?
- Mais on s'en fout. Regarde où l'on est. On est les plus grands du monde. On est libres
, dis-je en éclatant de rire.

Il me fit un sourire timide. A cet instant, je le trouvai magnifique. Ce paysage. Lui. Moi. Nous. C'était la première fois qu'une telle sensation s'emparait de moi. Malgré que nous ayons à peine 12 ans, je me surpris à trouver mon frère très attirant. Je pris soudainement peur. Tom le remarqua et me sourit d'un air rassurant en plaçant son bras autour de mon épaule. Je frissonnai. Il me réchauffa légèrement en frictionnant mon corps. Mon c½ur accéléra sous son contact doux et chaud. Je fermai les yeux, profitant de ce petit bonheur éphémère, puis me reprit après quelques secondes. A cet instant, je me jurai de ne plus jamais ressentir un tel sentiment à l'égard de mon frère. Ce n'était pas normal. C'était sûrement l'ambiance de l'endroit où nous nous trouvions qui me rendait comme ça. J'étais bien à ses côtés. Et c'était l'essentiel. Voyant mon visage soudainement heureux, il me regarda un instant et ajouta.

- Cet endroit est notre secret maintenant. Personne ne doit savoir que nous le connaissons. D'accord ?
- D'accord Tom. Personne. A part nous deux...


Fin du Flash Back

Je relève la tête vers le grand escalier qui mène à notre endroit. Je soulève alors mon pied droit sur la première marche avec un léger mouvement d'hésitation. C'est la première fois que je gravis ces marches sans lui. Et c'est aussi la dernière fois que je vais monter ces escaliers. Mon c½ur fait un bond lorsque ma chaussure touche enfin la première marche. Des tas de souvenirs surgissent alors violemment dans ma tête au contact du sol. De nombreuses images défilent devant mes yeux refermés. Tout s'enchaîne. Tout se mélange. Tout s'égare. Je n'en peu plus. Une larme coule une fois de plus sur ma joue. Une larme qui contient tant de sentiments. Une larme de rage. De peur. De tristesse. D'amour...

Flash Back

Je suis dans une pièce. Je ne vois rien. Il fait très sombre. Mais la noirceur de ce lieu inconnu se transforme étrangement en une blancheur aveuglante. Mes yeux et mon front plissés se décontractent à la vue de la fine silhouette qui se dessine de plus en plus nettement devant moi. Je ne vois pas son visage. Il est de dos et entièrement nu. Il ne bouge pas. Je sais que c'est lui. Je le reconnais. Ses longues dreads blondes attachées me permettent d'admirer les courbes parfaites de son dos, de ses hanches et de ses fesses. Sa main droite se relève, entraînant son poignet et son coude, et se dirige vers sa dense chevelure. De ses doigts habiles, il détache soigneusement et sensuellement ses cheveux. Ses dreads dégringolent, giflant la peau laiteuse de ses omoplates dans un mouvement balancier. Petit à petit, ses cheveux ralentissent la cadence pour enfin finir par se stopper. Ses bras retombant le long de son corps mince, il reste un court instant immobile. Puis sa tête se détourne au ralenti. A mi chemin, son corps suit le mouvement à la même vitesse. Je parviens alors à distinguer de plus en plus le profil gauche de son visage. Ses paupières sont fermées. Son petit nez droit se dessine parfaitement. Sublimée d'un piercing sur le coin de sa lèvre inférieure, sa bouche pulpeuse est légèrement entrouverte. Il se trouve désormais complètement face à moi. Il est beau. D'une rare beauté. D'une beauté indescriptible. Il s'approche lentement de moi tout en ouvrant ses petits yeux en amande. Son regard se plonge un court instant dans le mien. Un moment éphémère où chacun de nous s'est vu dans les yeux de l'autre. Une seule seconde de bonheur qui m'a permis de voir que je l'aimais et que je le désirais plus que tout au monde. Il s'approche de moi. Une fois son visage à un centimètre du mien, il dépose ses lèvres sur les miennes. Il mêle sa main droite à la mienne et caresse ma joue avec l'autre. Son baiser est simple mais tendre. Chaud et si unique. Une sensation de plénitude s'empare de mon corps tout entier. Il se détache de moi et m'admire de ses yeux amoureux. Mais tout à coup, son regard devient agressif et haineux. Son visage change complètement d'expression. Une boule au ventre se forme en moi et mon c½ur s'accélère à m'en briser la poitrine. Je parviens à reculer légèrement malgré les tremblements incessants de mes jambes. Des larmes coulent lamentablement le long de mes joues rosies par la peur. Puis d'un mouvement inattendu, il se rue sauvagement sur moi. Un cri suraigu sort du fond de ma gorge. Mes paupières s'ouvrent alors brusquement. Des gouttes de sueur glissent le long de mon visage pour aller se loger dans le creux de mon cou. Certaines mèches de mes cheveux sont collées contre mon front dû à la transpiration. Petit à petit, je reprends ma respiration. Je suis dans mon lit. Il fait encore noir. Je regarde mon réveil. 3h48. Putain de cauchemar. Je prends alors ma tête entre mes deux mains moites et tremblantes pendant un instant, puis me lève en direction de la cuisine.

Fin du Flash Back

J'arrive bientôt au sommet de l'immeuble. Plus que quelques marches et j'y suis. Je me souviens de la première fois que l'on a découvert cet endroit. Il y a six ans. Ce jour où j'ai découvert un nouveau sentiment qui n'a cessé de s'amplifier au fil du temps et qui n'a jamais pu me quitter malgré la promesse que je m'étais faîte. Ce moment me paraît tellement loin et inconnu. Et pourtant... Mais pourquoi suis-je tombé amoureux de mon frère ? Pourquoi a-t-il fallu que ça me tombe dessus ? Qu'ai-je fait pour mériter de souffrir de cet amour sale et à sens unique ? Tom... Si tu savais combien je te désire chaque jour. Si je pouvais te dire que je t'aime sans que tu ne me rejettes. Si chaque matin, il était possible de me réveiller dans tes bras et de t'embrasser tendrement sur les lèvres. J'éclate en sanglot et tombe à genoux sur le sol du toit de l'immeuble. Je ne ressens plus l'air froid sur mon visage qui glace pourtant mes larmes. Mon corps devient incontrôlable et s'emplit de spasmes douloureux et intenses. Chaque partie de mon corps tremble violemment et je hurle. Je hurle à m'en briser les cordes vocales. Je hurle ma douleur. Ici, je suis seul et libre. Je peux m'enfuir loin de tout ça. Je peux m'envoler au dessus de cette souffrance. Si tu savais à quel point je t'aime Tom. Je ne veux pas te dégoûter. Je ne veux pas que tu me rejettes. Comprends moi. J'aimerais tant que tu sois à mes côtés et que tu ressentes la même chose. Tu ne comprendrais pas. Je ne veux pas que tu souffres. Pardonne-moi. Ne m'en veux pas mon amour, mais à choisir, je préfère mourir que d'être rejeté par l'homme que j'aime plus que ma propre vie.

Flash Back

- Bill ! Bill !
- ...
- Allez réveille toi marmotte !
- Hum...
- Debout ! Allez !
- Tom...
- Joyeux anniversaire mon Billou d'amour !!!
- Tom putain...
- Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire ! Joyeux anniiiiiiversaiiiiiiire Billou ! Joyeeeeuux anniiiversaiiire !!!


Enfoui dans mon oreiller, je lâcha un sourire et me releva pour me trouver en face de lui.

- Joyeux anniversaire à toi aussi mon Tomi !

Il m'enlaça de toutes ses forces puis déposa un léger et rapide baiser sur mes lèvres. Après ce geste inattendu, il se releva, et me fit son plus beau sourire.

- Tu te rends compte qu'on a 18 ans ? Putain à nous la liberté !!!

En guise de réponse, il n'eut droit qu'à un petit oui de ma part, encore sous le choc de ce qu'il venait de se passer. Il repartit en chantonnant, tout sourire, comme si de rien était. Ce n'est pas possible, j'ai dû rêver. Il a seulement dérapé au lieu de viser ma joue correctement. Il faut que j'arrête de m'imaginer n'importe quoi. Il ne m'aime pas et ça ne changera jamais.

Fin du Flash Back

Je me relève difficilement après m'être calmé. Je regarde autour de moi et admire pour la dernière fois ce qui m'entoure. J'ai envie de pleurer. Mais je tente de me retenir. Je m'approche le plus possible du bord et monte sur le petit muret qui me sépare du vide en tremblant. Je me redresse, laisse tomber mes bras le long de mon corps et ferme les yeux. Je me sens mieux. Je me sens grand. Au dessus de tout. Je souris et inspire très fort l'odeur de la nature et du lac en face de moi. Je pense à Tom. Ma moitié. Mon amour. Ma vie. J'entends une voix au loin mais je décide de faire abstraction. Je n'ai aucune raison de rester dans ce monde si je ne peux le partager avec celui que je désire. Je ne cesserais jamais de t'aimer Tom. Même de là-haut, je t'aimerai encore et toujours. Mais je ne souffrirai plus. Tu seras mieux sans un frère qui t'aime en secret d'un amour incestueux depuis six longues années. Ne m'en veux pas Tom, mais tu ne comprendrais pas... Une dernière larme s'échappe de mon ½il, glissant le long de ma joue pour finalement aller s'écraser treize étages plus bas. Je me retourne lentement afin de me trouver dos à notre magnifique paysage de verdure. Je soulève mes bras, perpendiculaires à mon buste, comme si j'allais m'envoler. J'entends toujours des cris qui se font de plus en plus insistants et des pas qui se rapprochent à une vitesse folle. Laissez-moi tranquille. Laissez-moi partir seul et uniquement seul. Arrêtez de me faire souffrir. Je ne veux plus vous entendre. Je veux crever. Mon c½ur ne supporte plus. Ma tête va exploser. Pardonnez-moi d'être aussi lâche. Pardonne-moi. Je t'en pris, pardonne moi de faire ça mon ange... C'est le début de la fin. Je lâche alors ma tête en arrière, fermant mes yeux rougis par la souffrance et la tristesse, lorsque j'entends une voix étrangement familière, s'approchant de plus en plus de moi. Mes yeux s'ouvrent subitement et je perds légèrement l'équilibre. Tom.

- BILL NON !!! NE FAIS PAS CA PUTAIN. NE ME LAISSE PAS TOMBER ! T'AS PAS LE DROIT BILL !!! T'AS PAS LE DROIT BORDEL ! JE T'AIME PUTAIN ! JE T'AIME PLUS QUE TOUT !!! BIIIIIILL NOOOOOON !!!!!!

Mais mon corps suit le mouvement de ma tête, m'entraînant violemment dans le vide, avec en dernier souvenir, l'atroce image de mon ange, m'avouant ce que j'aurais voulu entendre il y a bien longtemps...

*

One Shot triste. A ce qu'il paraît, je suis plus douée dans ce domaine là. Sûrement oui. J'espère que vous serez assez satisfaites étant donné l'attente que je vous ai fait subir.

[♪] Oasis - Stand By Me
# Posté le dimanche 01 juin 2008 08:00
Modifié le jeudi 08 janvier 2009 12:38

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