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[One Shot #8]L'homme choisit son chemin dans la vie et le destin est ce qu'il trouve au bout.

[One Shot #8]L'homme choisit son chemin dans la vie et le destin est ce qu'il trouve au bout.
- Papa, mais dépêche toi un peu !!! Il va y avoir trop de monde si on ne part pas de suite.
- Oui j'arrive.


Flash Back

Allez... décroche s'il te plaît... Allez...

- Allo ?

Merci mon Dieu.

- Ben dis donc t'en as mis du temps avant de répondre !
- Désolée mais j'étais entrain d...
- Oui oui d'accord ! Et tu sais pas quoi ?
- Non dis moi...
- Mon père vient de rentrer de son voyage en Allemagne.
- Et ?
- Lui qui n'est jamais à la maison et qui oublie constamment la date de mon anniversaire, vient de m'offrir pour mes 16 ans le plus beau cadeau du monde ! Devine ce que c'est.
- Euh... le sosie de Bill Kaulitz ?
- Très drôle...
- Non sérieusement, je n'en sais rien du tout. Dis moi.
- Ecoute bien, tu vas être choquée. Dans trois semaines, je vais au concert de Tokio Hotel à Stuttgart !!!
- Hein ? Mais pourquoi ?
- C'est tout ce que tu trouves à me dire ?
- Euh... non... désolée, mais je ne comprends pas. Je croyais que tu n'avais trouvé aucune place.
- Oui c'est vrai. A Bercy, tout était complet. Et ma mère ne voulait pas que j'aille voir un de leurs concerts en Allemagne. Mais finalement mon père est arrivé hier soir avec en main deux magnifiques places. C'est génial non ? En plus, ce n'est pas très loin de chez nous Stuttgart.
- Oui mais venant de la part de ton père, c'est assez étonnant. Puis comment a-t-il fait pour les trouver ?
- On s'en fout de savoir pourquoi et comment mon père a eu ces places. L'essentiel, c'est que j'aille les voir non ?
- Oui tu as raison. Excuse moi. Ta s½ur t'accompagne ?
- Bien sûr. Mais c'est dommage, j'aurais aimé qu'on y aille ensemble.
- Tu sais bien que je n'ai rien contre ces Allemands, mais non merci. Je préfère laisser ma place à ta petite s½ur.
- Tant pis pour toi. Tu le regretteras un jour.
- N'importe quoi.
- Mais je rigole. Bon je te laisse. On se voit demain de toute façon.
- Pas de problème. Bisous.


Fin du Flash Back

- PAAAPAAA !!!
- C'est bon, je suis là. Allez en route.
- C'est pas trop tôt.


Le soleil n'est pas encore levé. De fines gouttes d'eau s'écrasent délicatement sur le pare brise de notre voiture. A l'extérieur, l'air est glacial. Et pourtant, malgré ce temps déprimant et ce chauffage qui ne parvient pas à réchauffer mon corps, j'ai l'impression de bouillir de l'intérieur, attendant à tout moment l'explosion d'un volcan, qu'il me serait impossible de contrôler. C'est la première fois de ma vie qu'une telle sensation s'empare de moi. C'est si étrange et à la fois tellement enivrant. Si tous les évènements de ma vie réussissaient à me rendre aussi heureuse, je suis certaine qu'ils m'auraient achevé aussitôt. A chaque mètre de plus que la voiture parcoure, mon c½ur s'emballe d'avantage. J'ai envie de crier. Crier que je suis la plus heureuse du monde. Crier que je les aime. Crier que eux, c'est ma passion. Mais pour la sécurité et la tranquillité des oreilles de mon père et ma s½ur, je décide de m'abstenir à faire éclater ma joie, que je qualifierais d'indescriptible. A ce moment là, rien ni personne ne réussirait à faire disparaître mon sourire. Ma tête est vide de tout et à la fois emplie de rien. Des images utopiques, des sensations fantaisistes, des souvenirs imaginaires. J'invente, je rêve et j'extrapole tout ce que je vais vivre dans quelques heures. Je ne peux m'en empêcher. J'ai tellement hâte de vivre ce moment. Rien d'autre n'aurait pu me faire plus plaisir que cette surprise venant de mon père. Comment ces quatre garçons font-ils pour me faire ressentir autant de choses ? Pourquoi sont-ils les seuls à pouvoir me rendre aussi heureuse ? Que serais-je devenue sans la découverte de leur musique ? Il m'est impossible de répondre à toutes ces questions. Je ne peux pas. Je n'y arrive pas. Mais tout compte fait, à quoi bon essayer de comprendre ? Il paraît que dans la vie, tout ne s'explique pas. Et je peux vous dire qu'à cet instant même, je n'ai jamais autant cru à ce que ma mère m'avait dit un jour. Le vocabulaire de la langue française n'est sûrement pas assez abondant et fastueux pour décrire l'excitation qui m'envahit. Une excitation qui grandit tellement vite parallèlement aux minutes qui passent si lentement. Je regarde avec lassitude les traits blancs de l'autoroute qui apparaissent aussi vite qu'ils disparaissent. Et pourtant, malgré mon ennui et mon impatience, un sourire ne cesse d'illuminer mon visage. Alors que certains ne parviennent pas à afficher le moindre enjouement, d'autres n'ont même pas à simuler un quelconque bonheur. D'autres comme moi. Je n'ai jamais été aussi euphorique sans faire semblant. Mais il est vrai que malgré ma joie intense, je ne peux m'empêcher d'avoir un léger pincement au c½ur. C'est toujours pareil. Des mois et des mois d'attente pour une chose qui nous transportera au septième ciel pendant seulement quelques minutes, voire quelques secondes. Pourquoi ne pourrait-on pas intervertir ? Les gens déprimeraient moins. Mais malheureusement, personne ne pourra modifier ce que la vie a décidé de rendre injuste. Alors j'évite d'y penser, et profite de l'instant présent. Le temps commence réellement à se faire long. Du moins pour ma s½ur. Nous avons à peine fait la moitié du chemin, qu'elle se plaint déjà qu'elle en a assez. Elle n'est jamais contente. Il suffit simplement qu'elle pense à la récompense qui l'attendra, une fois ces longues heures de calvaire écoulées. En tout cas, c'est ma façon de raisonner. Je décide donc de me replonger dans mes pensées tout en observant le ciel légèrement rougit par le lever de soleil. Mais soudainement, j'entends le bruit de cette voiture. Je sens la douleur de la portière s'écraser contre ma hanche droite. Ma tête bouge et se cogne. Mes oreilles ne parviennent plus à entendre quoi que se soit. Je n'ai pas le temps de réaliser ce qu'il se passe. Tout va tellement vite. Les arbres tournent et se tordent autour de moi. Et là, je me rends compte que des larmes s'échappent de mes yeux. Des petites perles qui s'égarent sur mon visage, désormais méconnaissable. J'ai mal un peu partout. Au bout des doigts, et au bout des pieds. Dernier coup. Arrêt immédiat. Trou noir.

[...]

La nuit tombée, toutes ces filles, se déchaînant dans cette salle de concert sur la musique de leurs idoles, n'ont jamais su qu'une adolescente de leur âge, au sourire éblouissant, n'était jamais venue. Ces quatre artistes, donnant le maximum pour combler leur public, n'ont jamais su qu'une de leur plus grande fan, aux yeux remplis d'étoiles, était absente. Ces gens, heureux de partager ce moment unique, n'ont jamais su qu'une jeune fille était morte, en se rendant vers son rêve.

*

Je suis vraiment désolée si j'ai traumatisé quelques unes d'entre vous. Ce n'était en aucun cas mon intention. Pardonnez moi.

[♪] Nada Surf - Always Love

# Posté le dimanche 14 octobre 2007 13:18

Modifié le mercredi 07 janvier 2009 14:10

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