Du bist nicht alleine...
- Danke Schön !!!
Un infime sourire. Un ultime signe de la main. Un dernier remerciement. Et je disparais derrière les rideaux noirs qui séparent la scène des coulisses. Quelqu'un me tend une serviette et une bouteille d'eau. Je suis exténué. Les autres membres du groupe arrivent à leur tour. Après avoir soufflés un moment et s'être réhydratés, nous nous sommes tous les quatre dirigés en direction de notre immense loge respective. Tom se jeta littéralement sur le grand canapé noir en cuir, tandis que Gustav allumait la télévision.
- Tu fous quoi là Georg ? lui demandai-je, incrédule.
En effet, celui-ci restait planté entre le couloir et la porte, un sourire narquois aux lèvres.
- Non rien, commença Georg en riant, c'est juste que pendant tout le concert, je suis resté bloquer sur une fille. Je vous jure, j'arrivais même plus à jouer normalement tellement j'avais envie de rire.
- Développe, intervint Gustav.
- Je me demande comment on peut avoir des fans comme ça.
- Oh, t'es méchant, lui lançai-je ironiquement.
- Non mais si tu l'avais vu. Elle avait une façon de danser. C'était... comment dire ? Euh... terrifiant. Et à la fois... hilarant, raconta Georg, explosé de rire.
- Ah mais oui !!! Tu parles de la grosse en jaune tout devant ? s'exclama tout à coup Tom.
- Oui voilà ! En même temps, c'était difficile de la rater, rajouta Georg, toujours pris dans un fou rire incontrôlable, que Tom ne tarda pas à rejoindre.
- Putain, dommage que je ne l'ai pas vu. J'aurai bien rigolé. Mais il n'y avait vraiment aucune fille potable ce soir, remarquai-je.
- C'était l'invasion des gros thons !!! cria Gustav.
Tout le monde pouffa de rire. Après cette petite crise d'hystérie, nous reprîmes notre sérieux.
- On a quoi demain les gars ? demandai-je.
- Je sais plus, me répondit Tom. DAAAVIIID !!!
En quelques secondes, le David en question apparut dans la pièce.
- On fait quoi demain ?
- Vous êtes invités dans une émission de télévision.
- Pff... Putain ça fait chier. On va encore devoir répondre aux mêmes questions de tous ces cons, se plaignit Tom. On ne peut pas annuler ?
- Non c'est impossible. Et n'oubliez pas que l'interview est en direct. Alors épargnez-moi vos caprices de star. Compris ?
- Ouais c'est bon ça va.
- Dernière précision. Une séance de dédicaces est évidemment prévue après l'émission.
- Et tu comptais nous le dire quand ça ? Putain, tu nous préviens toujours au dernier moment.
- Tom ! C'est comme ça et pas autrement.
- Ouais t'as raison. Bon vas-y dégages c'est bon.
David, qui n'ajouta rien de plus afin d'éviter que la situation empire d'avantage, s'éxécuta.
- Séance d'autographes de sheisse !!!
- Carrément. On va encore devoir supporter les hurlements de toutes ces folles, lança Gustav.
- « TOM ! TOOOM ! ICH LIEBE DICH !!! », s'écria le dreadeux, imitant une gamine hystérique, sous les ricanements de ses camarades. En plus, elles croient que j'aime les entendre dire ça. Elles sont vraiment pathétiques.
- T'as raison. Si elles savaient ce que je pense lorsque je signe leurs putains d'autographes de scheisse, rajoutai-je.
- Moi, elles me font pitié, rétorqua Georg.
- Bon les mecs, on rentre à l'hôtel ? proposa Gustav.
Tout en me levant, je pris la parole.
- J'espère que David a réservé un meilleur hôtel que celui de la dernière fois, sinon je l'étrangle. Parce que oser me prendre une chambre avec une salle de bain qui n'est munie que d'une douche, alors qu'il sait pertinemment que j'ai besoin d'un bain, c'est le comble. Parfois, c'est vraiment un incapable ce type.
- En plus, on était à l'étroit dans ces chambres, ajouta Tom. On a besoin d'un minimum d'espace quand même. Et tu te rends compte que la télé n'était même pas à écran plasma ?
- Oui je m'en souviens, répondit Georg. C'était inadmissible. En tout cas, ils ont intérêt à ce que notre étage soit vidé à notre arrivée. Il est hors de question de partager une fois de plus, un étage en compagnie de personnes dormant dans les chambres d'à côté.
Et la soirée dura ainsi jusqu'à ce qu'on arrive devant l'hôtel cinq étoiles. Sincèrement, j'en ai vu des plus somptueux. Je sens que je vais passer une mauvaise nuit. Putain, encore des « fans » qui attendent devant notre « superbe » hôtel. Un petit sourire et elles sont contentes. Voilà c'est bon. On peut y aller maintenant. Qu'est-ce que j'aimerais leur dire d'aller se faire foutre. Surtout à celle qui est entrain de pleurer. Se serait trop drôle. Après avoir échanger un « Bonne nuit » au reste du groupe, je me suis dirigé vers ma chambre et fit couler un bain moussant. Putain, ça fait du bien. Après ce petit moment relaxant, j'ai enfilé un boxer et me suis glissé dans le grand lit deux places. Mais quelques heures plus tard, un rayon de soleil très gênant, m'a obligé à quitter les bras de Morphée. Evidemment, j'ai passé une de mes plus mauvaises nuits. L'odeur de ces draps était absolument insupportable et les oreillers étaient aussi durs que de la pierre. Je pense que dormir sur le sol de cette foutue chambre aurait été plus bénéfique pour mon dos. Après m'être parfaitement habillé, coiffé et maquillé, je suis allé rejoindre le groupe afin de déjeuner copieusement.
- Putain, ils ne connaissent pas le Nutella ici ou quoi ? m'écriai-je.
- Dépêchez-vous les mecs. La limousine vous attend, lança David, ignorant ma remarque.
Une fois installé dans cet engin à quatre roues, que je ne qualifierai pas de limousine, étant donné sa taille plutôt moyenne, j'ai pris mon I-Pod et enfoncé les écouteurs dans mes oreilles. Un quart d'heure plus tard, nous étions enfin arrivés. C'est pas trop tôt. Nous avons donc pénétrés à l'intérieur du bâtiment et nous sommes rendus en coulisses. Une heure après, nous étions en direct devant des millions de gens. Après une série d'interrogations narcotique et sans intérêt, le présentateur nous posa une ultime question.
- Que pensez-vous de toutes ces fans qui vous suivent partout où vous allez ?
Comme d'habitude, je pris la parole et tenta de répondre, avec un grand sourire hypocrite aux lèvres.
- Evidemment, lorsque nous voyons toutes ces fans en bas de notre hôtel ou devant notre salle de concert, on ne peut qu'être contents. C'est incroyable de voir ce qu'elles seraient prêtes à faire pour nous voir quelques secondes.
- Oui c'est vrai, enchaîna Tom, ces filles sont réellement incroyables et très attendrissantes. On ne se lassera jamais d'aller à leur rencontre. Grâce à elles, nous vivons un vrai rêve.
*
Je me suis éclatée à écrire ce One Shot. En espérant que nos vrais Tokio Hotel ne soient pas aussi odieux dans la réalité.
[♪] 30 Seconds To Mars - The Story
![[One Shot #6]La franchise ne consiste pas à dire tout ce que l'on pense, mais à penser tout ce que l'on dit.](http://ea.img.v4.skyrock.net/eac/fantazie/pics/1213951548_small_1.jpg)